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Effectivement, il faut respecter les dosages et s'en passer si les conditions météo le permettent !
Voici une version de Paul Brelaz professeur de jardinage SCAH de Nice.
LA BOUILLIE BORDELAISE
Symbole des produits « bio » , la bouillie bordelaise (B.B.) est souvent considérée comme un produit miracle doué de toutes les vertus curatives. Une mise au point s’impose. C’est un fongicide préventif qui empêche l’installation des maladies cryptogamiques (à champignons) et des maladies bactériennes. Partiellement curative, elle arrête la progression des maladies. Elle n’est pas insecticide : inutile de l’employer contre des pucerons. Bien qu’autorisée en culture bio, ce produit chimique d’origine minérale doit être utilisé avec parcimonie et précaution. Il est constitué de sulfate de cuivre neutralisé à la chaux ; or le cuivre peut être toxique pour les plantes traitées si la dose est trop importante. Sa toxicité augmente en conditions froides (moins de 10° C) ou très chaudes et humides (attendre que les plantes soient sèches). Le cuivre s’accumule dans les sols ce qui nuit aux bactéries et aux champignons utiles à la fertilité. Les vers de terre y sont sensibles. Dans les régions de vignes et de vergers intensifs, le cuivre accumulé devient toxique à tel point que la réglementation européenne freine son utilisation. Sous forme de sulfate, le cuivre est nocif en cas d’ingestion et peut être irritant pour les yeux et la peau, mais il est aussi dangereux pour l’environnement et les organismes aquatiques. La bouillie bordelaise est néanmoins très efficace et n’entraîne pas l’apparition de souches résistantes aux maladie, contrairement aux produits chimiques de synthèse. Elle est très peu toxique pour les insectes auxiliaires comme les coccinelles et les acariens prédateurs. Elle ne s’accumule pas dans les fruits et légumes traités.
Sur une revue j’ai noté que la B.B. n’avait aucun effet lors d’une application par une température inférieure à 10° or, en pleine période hivernale cette condition n’est pas souvent obtenue.
Conseil : Dès le début du gonflement des bourgeons de fruitiers, pulvérisez le traitement. Réduisez les doses d’un bon tiers en utilisant un « mouillant » qui améliore l’efficacité et la répartition : du lait (1 litre pour 10 litres de bouillie), du jus d’algue ou un terpène de menthe ou de pin. Remplacez la B.B. classique par un produit à base d’hydroxyde de cuivre (non toxique) ou d’oxychlorure de cuivre moins toxique. Ne dépassez pas une dose annuelle de 30 g de cuivre pur pour 100 centiares, soit 150 g de B.B. (à 20 % de cuivre pur), ou 60 g d’oxychlorue (à 50 %). (Fiche du 24.02.2004). * Le cuivre à forte dose brûle le feuillage des végétaux. Utilisé en traitement d’hiver, à la dose de 3 à 4 % ; il est très efficace pour détruire les spores et mycélium de champignon.
* Lorsque les plantes sont en feuilles, la dose devient beaucoup moins importante, en dessous de 1% ; pour combattre notamment le mildiou sur vignes, plantes de la famille des solanacées qui sont très sensibles aux attaques de ce champignon ainsi qu’à de nombreux autres.
* Il est évident que la température peut augmenter la nocivité du produit sur feuillage.
* Et oui, les anciens vignobles, à force de traitements au cuivre voient leurs terrains pollués par l’accumulation de ce produit dans le sol et deviennent ainsi impropres à toutes cultures et ce, pendant de nombreuses années.
En conclusion, il faut savoir que dans le domaine des produits phytosanitaires, rien n’est parfait et que chaque produit proposé a ses avantages et ses inconvénients aussi bien pour les plantes traitées que pour l’environnement.
Il faut bien respecter les doses et les avis de traitements indiqués sur les emballages et surtout ne traiter qu’en cas d’extrême besoin et non à tord et à travers comme on le voit hélas souvent faire.
Paul BRELAZ
A bientôt !
Miz
_________________ La terre est notre mère alors respectons la !
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