Bonjour,
A propos de .... champignons
Concernant les espèces connues et appréciées en cuisine, dans nos campagnes ils étaient considérés comme un cadeau de la nature, un don du ciel, puisqu’il suffisait de les cueillir sans se donner de la peine pour les cultiver. Aussi, ils appartenaient à ceux qui les trouvaient. Il était d’usage d’autoriser l’accès à tous les bois pour les ramasseurs et de les partager gratuitement s’il y en avait de reste mais absolument hors de question d’être surpris entrain de les vendre au risque d’encourir la colère et le mépris de ses concitoyens. Ceux qui voulaient enfreindre la règle se voyaient obligés de camoufler leur récolte et de partir en cachette à la « grande ville » (sous-entendu le plus loin possible) pour éviter au maximum de croiser une connaissance qui n’aurait pas manqué de le dénoncer à son entourage.
Leurs noms vernaculaires font souvent référence à la sorcellerie et à la mort (rond de sorcière, bolet satan, trompette de la mort, morille du diable, ….) témoignant de la défiance atavique dont ils faisaient l’objet. A juste raison si l’on en croit la rubrique des faits divers … encore que la mycothérapie, appliquée depuis des siècles en Asie, vienne réhabiliter leurs vertus médicinales.
En guise d'illustration, voici un surprenant champignon photographié l'année dernière au pied d'un piquet en acacia en haut d'un talus. Issu du croisement entre une éponge et une fraise Tagada, il ressemble à un œuf dur quand il est jeune et dégage une odeur fétide à complète maturité. C’est le clathre rouge ou le bien nommé « coeur de sorcière ».

Qu’ils soient comestibles, hallucinogènes, microscopiques, fluorescents, … ils recèlent encore bien des secrets qui n’ont certainement pas fini de nous surprendre.