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Quand j'étais enfant, il y a quelques dizaines d'années, j'habitais à la campagne, dans le Var. Chacun avait son clapier, son poulailler avec un coq, rarement plus car ce prince a besoin de satisfaire plusieurs compagnes (le veinard !). Moi, enfant, ma hantise c'était la nuit et pour combler cette phobie je m'étais fait, mentalement, le tableau des évènements nocturnes que j'avais pu enregistrer. Les premiers bruits se manifestaient juste en face ma chambre située au premier étage, où, de l'autre côté de la route, Camille, le boulanger préparait son pain. Le ronronnement du pétrin ne facilitait pas mon endormissement, je comptais les tours comme d'autres comptent les moutons. Le dernier car GABY rentrait au dépôt, il était un peu plus de minuit. Puis commençait le pesage de la pâte sur la balance Roberval :"Clin - clan ; clin - clan ..." car la baguette de 100 g devait peser 100 g. Un temps après commençait le vrombissement des deux bouches à feu qui chauffaient le four, ça devait durer au moins deux heures. Les éboueurs arrivaient, pas particulièrement silencieux. Julien, l'épicier-primeur partait au marché de gros avec sa camionnette, "Vramm - vramm" faisait le rideau de son garage (qui manquait d'un peu d'huile). On approchait les quatre heures. J'entendais le va et vient de la pelle à pain qui sortait le pain cuit du four. Le premier car GABY accomplissait son premier voyage matinal. Le "tacada, tacada" annonçait le passage du premier train dont la voie cheminait à 50 m derrière la maison. Puis, soudain, dans le silence, un premier "cocorico", lointain, un autre, puis pour ne pas être en reste, le coq de ma grand-mère donnait de la voix. Pour moi une nouvelle journée commençait, le jour n'était pas encore levé mais la nuit et son angoisse étaient parties. Quelques minutes encore et les premières lueurs de l'aube viendront perpétuer cet éternel recommencement. Aujourd'hui, le premier coq qui chante, se fait tordre le cou. J/B
_________________ "La théorie, c'est quand on sait tout mais que rien ne marche. La pratique, c'est quand tout marche, mais qu'on sait pas pourquoi. Moi, j'ai réussi à réunir la théorie et la pratique: rien ne marche, et je sais pas pourquoi !" Albert Einstein
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