Perdre la boule

Perdre la Boule Il faut savoir observer pour parfois voir venir ce que l'on n'aurait jamais imaginé. Un peu las d'une promenade en plaine, je me suis accroupi pour voir revenir vers moi mon chien. Un genou sur le sol, j'ai posé la main, à plat sur le chemin. La Terre était froide. J'ai soudain senti, comme venant des profondeurs, la rotondité de notre planète. J'avais cette masse à portée de la main, au bout de mes doigts. J'ai senti là, au bout de mon bras, la terre, espace limité. Vaisseau rond, météore sphérique .... Mais bon sang ! Me suis-je dis, faut il être aveugle à ce point pour ne pas voir qu'on est dans un endroit aussi réduit ?! La terre est un jardinet et on la pompe comme si elle était une plaine infinie de champs inépuisables. On se trompe. On la pille en voleurs infâmes, ingrats, irrespectueux, vulgaires. On la brûle, pour nos intérêts de l'instant, pour notre survie, sans respect de qui est, et sans penser à demain. Nous sommes des êtres étriqués, coincés dans nos besoins, dans nos conditionnements. Je m'inquiète quand je vois ce que l'on fait et à ce qu'il a fallu comme coïncidences hasardeuses et mystérieuses pour que ce caillou soit un lieu de vie entre le soleil, le vide et la lune. Nous, hommes, particules infimes de la vie organique devrions craindre les foudres de la terre comme celles de notre arrogance, de notre ignorance. Nous sommes devenus nos propres ennemis, nous avons posé des mines au fond de nos lits. Nos fleurs son tachées de carburant et notre orgueil nous aveugle, on s'enlise, crânement. Je me suis relevé, triste. J'ai cherché mon chien, il était assis à côté de moi, il me regardait, silencieux...nous étions tous les deux, sur l'horizon, en face d'un soleil orange légers.


Vincent Dubois

Mise à jour le 25 avril 2017

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